À Gagnoa, un vox pop numérique révèle des avis profondément partagés. Alors que la Côte d’Ivoire s’affirme comme un acteur émergent du secteur pétrolier, la question de l’impact réel de cette ressource sur les villes de l’intérieur comme GAGNOA continue de susciter des débats.
À travers un vox pop numérique réalisé via WhatsApp, des habitants de Gagnoa ont exprimé leurs perceptions entre espoir de développement et profond scepticisme. Entre optimisme et attentes de développement pour certains intervenants, le pétrole représente une opportunité réelle pour le développement des villes de l’intérieur.
Deborah Goué, athlète/ entrepreneur : « Le pétrole en Côte d’Ivoire peut avoir un impact réel sur les villes de l’intérieur comme Gagnoa. Il permet à l’État de mobiliser davantage de ressources pour financer les infrastructures, comme les routes, l’électricité, les écoles et les hôpitaux. Il peut aussi contribuer à mieux maîtriser le coût du carburant, même si les prix restent influencés par le marché mondial. Enfin, les hydrocarbures jouent un rôle important dans la fabrication des engrais, ce qui soutient l’agriculture des régions intérieures. Ainsi, le pétrole peut favoriser le développement de Gagnoa. ».
Une analyse qui met en avant les retombées indirectes du secteur pétrolier, notamment à travers les investissements publics et le soutien à l’agriculture. À l’inverse, d’autres voix se montrent beaucoup plus critiques, estimant que les effets du pétrole restent invisibles dans le quotidien.
Un Professeur au lycée de Gagnoa sous couvert d’anonymat, affirme : « Le pétrole ivoirien n’a aucun impact sur la vie des Ivoiriens, en particulier sur la ville de Gagnoa. Au contraire, les prix augmentent au fil des années alors que nous produisons du pétrole. Il n’y a pas de subvention sur les produits agricoles alors que l’économie ivoirienne repose sur l’agriculture. ».
Un point de vue qui met en lumière les préoccupations liées au coût de la vie et au manque de soutien au secteur agricole. Certains habitants expriment également une perte de confiance dans la gestion des richesses nationales.
Nguessan Laetitia, etudiante, réagit avec ironie : « Depuis quand nos ressources ont des impacts sur nos régions ? Ils bouffent l’argent entre eux là-bas. ».
Un sentiment partagé par une partie de la population, qui dénonce une redistribution jugée inéquitable et injuste. Pour d’autres encore, l’expérience des filières agricoles nourrit un certain pessimisme.
Aboubacar, soudeur au quartier Dioulabougou, confie : « Nos parents qui ont des champs de cacao, on ne voit même pas les avantages dans notre vie ici. Ce n’est pas le pétrole qui va avoir de l’importance à Gagnoa. ».
Un témoignage qui met à la lumière le décalage entre les richesses produites et leur impact réel sur les populations locales.
À ces critiques s’ajoutent des positions plus tranchées, notamment du côté de la jeunesse locale.
Un leader de jeunesse de Gagnoa, ayant requis l’anonymat, se montre catégorique : « Aucun impact et il n’en aura jamais si les autorités ne font rien pour ça. ». Une déclaration brève mais révélatrice d’un sentiment d’attente et d’exigence vis-à-vis de l’action publique, notamment en matière de redistribution des retombées du pétrole.
Au-delà des chiffres, ce vox pop numérique met en évidence une réalité contrastée à Gagnoa. Entre espoirs de développement, critique,et sceptisme les avis restent profondément partagés. Pour de nombreux habitants, une question demeure : le pétrole ivoirien pourra-t-il réellement améliorer les conditions de vie dans les villes de l’intérieur ?
Dans cette dynamique, cette enquête ne s’arrêtera pas à Gagnoa. Elle sera prochainement étendue à d’autres localités du pays, y compris aux villages et aux villes à vocation pétrolière, afin de mieux cerner l’impact réel du secteur sur l’ensemble du territoire ivoirien.
Vox pop numérique – Gagnoa / Mohamed Zadi Sana
