Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont conjointement décidé de se retirer de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le dimanche 28 janvier 2024. Cette décision des trois grands de l’Alliance des États du Sahel (AES) n’a pas que des conséquences géopolitiques, mais aussi des conséquences économiques. Le retrait de ces trois pays de la CEDEAO, en effet, met en mal le projet de gazoduc Nigeria-Algérie, qui visait à acheminer le gaz naturel du Nigeria vers l’Europe en passant par le Niger et l’Algérie.

Au Niger, le gazoduc devait traverser la région du Ténéré, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il est clair que la sortie du Niger aura pour conséquence direct la recherche d’un autre passage du projet de gazoduc en dehors du territoire nigérien.
L’Initiative Atlantique plus crédible
Le Maroc a lancé en 2023 son projet Initiative Atlantique, qui propose une alternative de développement aux pays du Sahel. Cette initiative du Maroc consiste à relier les pays du Sahel aux infrastructures ferroviaires, portuaires et aériennes civiles du Maroc, et à établir un gazoduc et une interconnexion électrique entre la côte atlantique et le Sahel.
Le projet marocain, qui bénéficie du soutien de nombreux pays et partenaires, offre une perspective d’avenir, fondée sur le respect mutuel, la solidarité et le développement durable. Il vise à répondre aux besoins réels des pays du Sahel, qui font face à des défis majeurs, tels que la pauvreté, la fragilité, le terrorisme et le séparatisme.
Le retrait du Niger, du Mali et du Burkina Faso de la CEDEAO est interprété comme un signe de rapprochement avec le Maroc, qui leur propose une coopération économique et politique renforcée. Le Niger, qui était l’un des pays clés du projet Nigeria-Algérie, a désormais rompu ses liens avec le groupe dirigé par le Nigeria. Le Mali et le Burkina Faso ont également exprimé leur intérêt pour le projet marocain, qui leur offre plus de garanties de stabilité et de prospérité.
Le projet gazoduc Nigeria-Algérie semble visiblement tombé dans un avenir hypothétique.

L’idée d’un gazoduc reliant le Nigeria à l’Algérie a germé dans les années 1980, mais l’accord concrétisant la mise en œuvre du gazoduc trans-saharien n’a été signé que le 3 juillet 2009 par les gouvernements du Niger, du Nigeria et de l’Algérie. Le projet était censé être le plus long gazoduc du monde, avec une longueur de 4 128 km. Il devait transporter 30 milliards de mètres cubes de gaz par an du Nigeria vers l’Algérie, puis vers l’Espagne et le Portugal via le gazoduc Medgaz. Le coût du projet était estimé à 13 milliards de dollars, mais il a été revu à la hausse à plusieurs reprises, en raison des difficultés techniques, sécuritaires et politiques rencontrées sur le terrain.